"Avec l'association Tchendukua - Ici et Ailleurs, les Kogis ont rencontré un allié précieux pour la récupération de leurs terres ancestrales. Un allié qui collecte des fonds, mais qui a surtout compris leur situation et l'importance qu'il y avait à mener de front, récupération des terres et récupération de la culture traditionnelle.
En aidant la communauté à récupérer quatre terres, à trois étages thermiques différents, c'est tout un processus culturel que l'association a ainsi permis de remettre en marche, apportant une véritable bouffée d'oxygène au peuple Kogi.
Sur les quatre terres qui ont été récupérées, plusieurs familles ont commencé à replanter certaines plantes traditionnelles, à faire circuler les premières récoltes et à remettre en marche tout un processus culturel, jusqu'alors menacé de disparition. Pillées par les "Guaquéjos", (pilleurs de tombes) déboisées, surexploitées, traitées avec des produits chimiques, désherbants, insecticides ou pire fumigées dans le cas de culture de marijuana ou de coca, les terres que récupèrent les Kogis sont souvent en mauvais état.
C'est pourquoi, pour eux, récupérer une terre ne veut pas simplement dire en être propriétaire mais tenter de la rééquilibrer, de la purifier en faisant tous les rituels nécessaires pour réparer les dommages causés par les "petits frères". Pour pouvoir réaliser ce travail, le mamu doit mettre en place un long processus de divination. qui lui permet de reconstituer l'histoire de cette terre et de préparer les offrandes adaptées.
C'est sur la base de ce travail que pourrons être replantés les semences traditionnelles, remis en place les systèmes de polycultures et de contrôle biologique, récupérées la forêt primordiale et les plantes médicinales, et enfin, construites les maisons traditionnelles et les lieux de cérémonies comme les Kankuruas. Une fois installées sur leurs nouvelles terres, les familles doivent continuer à travailler jusqu'à ce qu'il arrive à retrouver un équilibre parfait avec la nature. C'est un processus long, difficile et fragile, mais c'est un processus plein d'espoir".
Pour nous, la terre c’est la vie… Si nous continuons à construire un monde artificiel, nous allons mourir…
Mamu Cuncha