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Système traditionnel de polyculture

Depuis leur arrivée sur les terres de La Luna, les Kogis ont remis en place tout leur système traditionnel de polyculture. À proximité des maisons, ont retrouvent, associés, des plants de banane plantain, du yucca (tubercules / feuilles en étoile), des plants de coca (vert pâle), etc.

Le citronnier a produit ses premiers fruits

citronierPlanté il y a 5 ans lors de la restitution des terres de La Luna, le citronnier a produit ses premiers fruits, une quantité incroyable de petits citrons verts et juteux.

 

 

 

Une polyculture basée sur des savoirs millénaires

Les Kogis sont polycultivateurs. Ils produisent ce dont ils ont strictement besoin pour survivre. Leurs techniques agricoles sont basées sur "l'aléopathie", à savoir la valorisation et l'association des spécificités, perçues comme complémentaires (cycle de vie, propriétés...) de chacune des plantes cultivées, un système millénaire de pilotage et de contrôle biologique.

Lorsqu'ils redémarrent leurs systèmes de culture, ils procèdent de façon échelonnée, en accord avec leurs besoins alimentaires (nature et quantité). En règle générale, ils commencent par les tubercules, puis viennent les céréales comme le maïs, rapidement associés à des légumineuses dont les lianes prennent appui sur les plants de maïs. Bananes plantain et arbres fruitiers vont ensuite être répartis de façon à ne pas générer trop d'ombres tout en protégeant d'une brise parfois excessive.

Peu à peu, les champs se convertissent en véritable "silos" sur pied, sorte de "supermarchés naturels" dans lesquels chaque famille vient puiser en fonction de ses besoins quotidiens. Certains produits frais sont consommés, peuvent être conditionnés et emportés vers d'autres étages thermiques, où ils seront échangés contre des produits alimentaires d'altitude. Tailles et brûlis font largement partie de leurs pratiques agricoles, mais à la différence des paysans ou des colons, les Kogis commencent les brûlis, avant que la végétation ne soit trop sèche et que les feuilles ne soient tombées. De fait, les flammes brûlent plutôt les parties hautes des branches, et épargnent la micro-flore et la micro-faune (micro-organismes) qui se développent près du sol. une pratique qui favorise la décomposition des matières organiques et la formation d'humus. Autre avantage, les plus gros troncs ne brûlent totalement, ils forment des barrières de contention qui permettent de limiter les effets de l'érosion, puis ils se décomposent, augmentant les capacités de fertilisation du sol.

La connaissance et l'utilisation des semences est une autre des composantes importantes de leur savoir. Ainsi pour fertiliser le sol, les Kogis ont pour habitude de semer certaines variétés de légumineuses, des haricots notamment, qui ont une triple fonction. Capter le nitrogène et le fixer au sol, produire des récoltes et favoriser la fertilisation des terres cultiviées. De fait, les semences utilisées sont des semences traditionnelles qui ont des caractéristiques très précises. Elles bénéficient d'une importante longévité. Elles s'avèrent aussi très résistantes aux maladies pendant la période de culture et aux attaques d'insectes en période de stockage. Après avoir été "baptisées", les graines sont stockées à l'intérieur même des maisons, dans des lieux secs, souvent exposés à la fumée du foyer. Après une période de 4 à 5 ans, les zones de cultured sont entièrement abandonnées et remplacées par d'autres, ce qui permet à la forêt de se régénérer et de se récupérer pour les générations futures.